Artiste peintre Lausanne lac leman femme a fleur de peau automate
Automates
Présentation de la série d'automates « Sous la peau : murmures mécaniques » de Daniela Markovic présentées du 22 Novembre 2025 au 22 Mars 2026 au MuMAPS - Musée de la Mécanique d'Art et du Patrimoine de Sainte
'Bientôt...', 2023, chaise et table en bois, chemise et bras automatique, main en plâtre. 55 x 85 x 99 cm
Un bras suspendu dans l’attente.
Sous la manche d’une chemise vide, la mécanique se cache, comme un secret trop lourd à dire. Ce bras, presque humain, hésite. Il ne signe pas. Il est là, entre deux gestes, entre deux possibles.
Chaque pore, chaque veine, chaque pli sont cristallisés dans le moule de la main de cet ancien amant : une illusion de vie figée. C’est une main qui devrait faire, mais qui ne fait pas. Une main qui attend et qui renonce.
Autour d’elle flotte un silence dense. L’absence. Le départ qui a finalement eu lieu. La promesse suspendue.
“Bientôt” est un moment arrêté. Une émotion retenue.
L’automate devient le témoin de la déception d'une promesse non tenue. Et ce vêtement, qui ne couvre plus personne, devient l’empreinte d’un choix finalement fait.
C’est une œuvre sur l’indécision, sur le vide laissé par ce qui aurait pu arriver. Et qui n’est jamais venu.
‘Toujours, il bat...', 2025, Porcelaine, papier Kraft froisé, acrylique, 32 x 22 x 22 cm
Un cocon, froissé comme une mémoire.
Une peau rouge, craquelée, traversée de veines et marquée par la vie. On dirait une pierre chaude, une écorce qui respire. Quelque chose entre l’abri et la blessure.
À l’intérieur, l’ombre.
Et dans cette ombre, un cœur. Fragile comme un aveu. Il bat. Toujours, il bat…
Un battement entêtant. Un battement présent. Un battement irréductible.
Un souffle, un son, un rythme, qui ne s'arrête pas.
On n’entre pas. On n'ose pas s'approcher.
On reste au seuil de ce corps-refuge, témoin d’une histoire qu’on ne raconte pas entièrement.
Un refus, une promesse non tenue, un établi, deux amants, un marteau, un cœur qu’on ne peut réparer…
Pourtant, ce cœur bat, encore et toujours.
Et c’est peut-être ça, la seule promesse tenue.
'L’Établi de la rupture', 2024, Etabli en Bois, chemises et bras automatique, mains en plâtre. 146 x 62 x 84 cm
L’Établi de la rupture est une installation où l’atelier devient le théâtre silencieux d’une séparation. Ici, les gestes mécaniques ne réparent pas vraiment : ils répètent, ils ravivent.
Le métal grince, le bois retient l’écho d’une intimité passée.
Chaque mouvement raconte ce que les mots n’ont pas su dire.
La tension entre faire et défaire prend forme.
En vain, les deux amants tentent l'ensemble de réparer leur couple, leur cœur.
Dans cet espace suspendu, l’émotion circule comme un courant invisible.
Rien n’est figé.
La rupture elle-même devient un processus, un va-et-vient entre la mémoire et l’oubli, entre l’attachement et le renoncement. L’établi devient autel, la séparation devient rituel.
L’Établi de la rupture nous rappelle que la beauté peut surgir de ce qui vacille. Et que dans le désordre des sentiments, il y a parfois plus de vérité que dans l’harmonie.
Presque! 68cm, 2025. À l’intérieur du cadran, une bague de fiançailles est présente. À chaque passage, la main tente de la saisir et la pousse vers le haut, mais la bague retombe systématiquement. Sa chute est aléatoire : elle ne retombe jamais au même endroit. Bien que la main répète toujours le même geste, elle n’a aucune prise sur le résultat. Cette mécanique met en tension la répétition
obsessionnelle du geste et l’imprévisibilité de l’issue.
Le titre Presque! est teinté d’ironie mais renvoie à cet état suspendu, à ce moment où quelque chose semble toujours à portée de main sans jamais l’être. Un banc est placé face à l’œuvre, invitant les spectateurs à s’asseoir et à espérer lui aussi que la main attrape cette bague. Cette mise en situation
crée une tension presque ludique, proche d’un jeu de hasard, qui contraste avec la charge émotionnelle profonde du dispositif.